Film

[Revue] Balle Perdue

Balle Perdue, un film de Guillaume Pierret

Balle perdue, est la nouvelle production originale française estampillée Netflix. Pour se faire, la plateforme de streaming s’est adjugée les services de Guillaume Pierret (qui réalise ici, son premier long métrage) et s’entoure d’acteurs percutants pour cette production tels que le trio formé par Ramzy Bedia, Alban Lenoir et Nicolas Duvauchelle. Si dès le premier abord, on aura envie de comparer l’oeuvre à une sorte de Fast & Furious à la française, c’est sans compter sur la narration plus posée et l’envie de ne pas uniquement mettre en avant des courses poursuites dans des bolides survitaminés, mais plutôt de s’interroger sur les pensées et les sentiments des protagonistes comme c’est de coutume dans le cinéma à la française.

Mais avant de vous dévoiler nos impressions sur ce film, on se remet dans le bain avec la bande annonce :

Synopsis

Lino, un petit génie de la mécanique réputé pour la fabrication de puissantes voitures-béliers, mène une vie sans accroches apparentes. Mais lorsqu’un braquage tourne mal, il choisit de porter le chapeau et se retrouve en prison. Repéré par un responsable de la police de choc spécialisée dans la traque des go-fast, il se voit proposer un marché qui peut lui éviter la prison en échange de ses talents de mécanicien.

Mais lorsqu’il est accusé de meurtre et pourchassé par tous les policiers de la ville, Lino ne peut plus faire confiance à personne. Dos au mur et sans échappatoire, il n’a alors qu’un seul choix : Retrouver la balle du meurtre perdue, seule preuve de son innocence, logée dans une voiture disparue.

Impressions

Balle perdue, c’est l’histoire d’un petit qui veut concurrencer les grosses franchises d’Hollywood. Et c’est un pari totalement assumé par le réalisateur et même la production du film, qui nous le présente comme un digne héritier de Fast & Furious. Et c’est aussi là que réside le danger! Il serait très réducteur de présenter le film comme un simple pastiche facile des gros cartons franchisés de ces dernières années.

Tout d’abord par son écriture, le scénario bien que classique, arrive à tirer son épingle du jeu en oscillant régulièrement entre le thriller policier et le film d’action. Une bonne alternance de phases d’enquête, de bagarres, et de chasse à l’homme qui resserrent l’intrigue autour d’un héros seul contre tous, acculé par le déchaînement de moyens mis en oeuvre pour le retrouver. Malgré un découpage inégal : la première moitié du film mettra un peu de temps à se lancer, pour privilégier un flot d’action plus continu dans la deuxième moitié; on reste dans le film et on ne veut pas en sortir.

Si de par son intrigue, on suit le héros du récit tenter de prouver son innocence, son parcours n’en est pas moins semé d’embûches. En effet, Lino (incarné par un très convaincant Alban Lenoir) n’est pas un super héros lisse et bodybuildé. Il souffre, de sa situation, de l’engrenage dans lequel il se trouve, de ses actions, et ce sentiment est très bien retranscrit à l’écran. Si l’on enlève, le côté justicier, c’est avant tout, pour sa soif de revanche qu’il reste déterminé et risque sa vie; et c’est avant tout, sa quête de rédemption qui va nous tenir en haleine jusqu’à la fin du film.

Côté action, le film n’est pas en reste. Qu’il s’agisse de scènes de poursuite en voiture, ou de bagarres, on ne tombe pas dans la surenchère d’effets spéciaux et d’explosions à tout va. Et c’est très appréciable, car l’inverse aurait clairement desservi le film. Très sobre dans sa mise en scène, les scènes de bagarres sont très bien chorégraphiées et réalistes (mention spéciale à la scène dans le commissariat). C’est intense, violent… On ressent les coups, le désespoir et la souffrance ressentie par le personnage. Il est en peine, humain, et ne peut pas encaisser plus que de raison, et cela montre une construction très réfléchie du réalisateur, Lino est un homme ordinaire, prêt à tout pour survivre.

Si le film choisit de nous montrer les aventures de Lino, il n’en oublie pas également le principal antagoniste (interprété par un très bon Nicolas Duvauchelle). De par son écriture, le récit va donc alterner les plans entre Lino et Areski, jouant au chat et à la souris pendant près d’une heure. Cette dualité, montre également une évolution entre les deux personnages, car si l’on assiste au début du film à une interprétation posée de la part de l’antagoniste, sa situation évolue, et sa mentalité aussi, sombrant petit à petit dans la folie et la paranoïa. Là où Lino gagne en assurance au fur et à mesure du film. Cette rivalité est un point fort de l’intrigue, dont il nous tarde de découvrir le dénouement dans le grand final.

Conclusion

Malgré un découpage inégal, Balle perdue est un bon film d’action à la française! Le réalisateur ne révolutionne pas le genre, mais porte le film avec une grande humilité et se ne contente pas uniquement de mener son récit d’une main de maître, il reste fidèle à la vision qu’il a voulu proposer : une quête de vérité et de justice très bien racontée.

Le film n’est toutefois pas exempt de défauts, et l’on regrettera parfois un traitement un peu lisse de certains personnages. Notamment, avec la pseudo romance qui peine à nous convaincre. Mais également, sur certaines facilités scénaristiques (exemple : j’ai besoin de modifier une voiture, et comme par hasard, tous les éléments nécessaires se trouvent à moins de dix mètres), mais en faisant abstraction de ces quelques éléments mineurs, cela reste un très bon divertissement qui n’a pas la prétention de révolutionner le genre.

Synthèse

Synthèse
70 100 0 1
Pour cette production originale française, Netflix réussit son pari : Proposer un film d'action musclé mais relativement intelligent pour se plonger dedans la tête la première. On passe un bon moment, et on appréciera particulièrement certaines séquences (commissariat, poursuite en Renault 21 2 litres turbo) jouissives pour les yeux et les oreilles. Bref, on en redemande!
Pour cette production originale française, Netflix réussit son pari : Proposer un film d'action musclé mais relativement intelligent pour se plonger dedans la tête la première. On passe un bon moment, et on appréciera particulièrement certaines séquences (commissariat, poursuite en Renault 21 2 litres turbo) jouissives pour les yeux et les oreilles. Bref, on en redemande!
70/100
Total Score
  • Scénario
    55/100 Sympathique
    Le scénario ne révolutionne pas le genre, et n'apportera aucun twist ou élément perturbateur imprévu. C'est du classique, mais on en redemande.
  • Qualité visuelle
    80/100 Très Bien!
    La mise en scène est sobre, simple. Pas de décors extravagants, l'action se veut proche du spectateur, pour porter un regard intimiste, le pari est réussi.
  • Acteurs
    95/100 Parfait!
    Très bon trio d'acteur, porté par un Alban Lenoir en grande forme. On appréciera Ramzy Bedia sorti de son monde comique habituel, et ça lui va très bien.
  • Bande son
    50/100 Neutre
    Pas de musique entêtante ou de morceau particulièrement mis en avant pour ce film. Elle est juste et accompagne bien le film, ce qui n'est déjà pas si mal.

On aime

  • La quête de rédemption
  • La chorégraphie des bagarres
  • La dualité Lenoir / Duvauchelle

On aime moins

  • Certaines facilités scénaristiques
  • Une romance oubliable
  • Un découpage inégal
Tags : FilmSeptième Art
Geek Lifestyle

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