Jeux Vidéo

[Test] Final Fantasy 7 Remake

Final Fantasy 7 Remake, un jeu de Square Enix

Il y a presque vingt-trois ans, un jour d’automne, le 17 novembre 1997 exactement, sortait un jeu qui allait devenir culte, non seulement pour moi, mais également pour toute une génération de joueur : Final Fantasy 7. Longtemps qualifié comme “Jeu du siècle”, et toujours une référence du genre à l’heure où nous écrivons ces lignes, Square Enix a toutefois fait le pari de dépoussiérer ce jeu légendaire pour en proposer une version revue et quelque peu différente du jeu originel. Pari risqué ? Rien n’est moins sûr !

Fun Fact: En parlant de “Jeu du siècle”, je fais bien sûr référence à la campagne de publicité de l’époque qui m’avait profondément marqué, car je la trouvais, très simple, sobre, efficace et surtout un brin osée. Peut-on y voir un fond de vérité ? En toute subjectivité, ce titre est totalement mérité. Attendez, Vous ne voyez pas de quoi je parle ? Faites un effort ! Toujours pas ? Mais si, rappelez-vous : ici.

Remarque: Il est important de noter, lors de la lecture de cet article, que même si l’on ne pourra pas s’empêcher de faire des références aux différents opus de la saga, le but ne sera pas de relancer l’éternel débat pour savoir quel jeu est le meilleur, même s’il faut bien l’avouer, à titre personnel, Final Fantasy 7 garde ma préférence,

Mais avant tout, et surtout pour le plaisir des yeux et des oreilles, on se replonge dans cet univers, en regardant à nouveau la bande annonce officielle du jeu en français :

Histoire

Dans cette aventure, le joueur incarne le personnage ténébreux et très taciturne de Cloud Strife, un ancien membre des forces d’élite de la société d’armement Shinra : le SOLDAT. Devenu mercenaire, il vend ses services au groupe écolo-terroriste AVALANCHE en tant que garde du corps afin de leur permettre d’effectuer plusieurs attentats sur les différents réacteurs d’énergie Mako au sein de la ville de Midgar. C’est sans compter sur les ambitions démesurées de cette compagnie d’armement tellement puissante qu’elle dirige en sous-main le gouvernement, qui ne veut pas que ses plans de conquête du monde soient contrariés…

Quiconque ayant déjà joué à un jeu de la saga Final Fantasy sait à quel point il est très difficile de résumer l’histoire en quelques lignes, tant le scénario regorge de rebondissements et d’événements plus marquants les uns que les autres. En effet, si le principal protagoniste est, et reste, Cloud, le joueur va partager les péripéties du groupe qui gravite autour de lui, avec notamment son amie d’enfance Tifa, l’impulsif chef d’AVALANCHE Barret, et une habitante du bidonville pas si innocente que ça Aerith. Certains des autres protagonistes historiques de la saga restant présents de manière plutôt anecdotique, aux vues de l’histoire originelle qui nous est comptée dans ce Remake.

Gameplay

Final Fantasy 7 Remake, reprend les mécaniques utilisées dans la série introduites depuis l’épisode X notamment, à savoir une exploration semi-ouverte, comprendre, de nombreux passages linéaires, mais avec la possibilité de revenir les explorer. Exit donc, pour cet épisode, les longues traversées libres de la carte du monde avec son exploration globale : ici, l’action reste concentrée sur Midgar, et c’est un choix logique que de proposer une exploration très guidée et en mode couloir. Après tout, dans l’oeuvre originale, toute cette partie se déroulait de la même manière, ce n’est donc pas choquant et il n’y a pas de perte du matériau initial.

Les combats sont aussi dans la lignée de ce qui a été introduit depuis maintenant plusieurs générations de Final Fantasy. On oublie le classique tour par tour, pour un système de combat intuitif, où l’on contrôlera un des personnages de notre groupe (avec la possibilité de changer sur une simple pression de la croix directionnelle), les autres membres effectuant des attaques standards tout au long du combat, dans le but de charger une jauge d’action permettant de déclencher des commandes spécifiques : Magie, objets, compétences, etc… Quoiqu’un peu illisible par moment, cette nouvelle mécanique amène du dynamisme aux combats, malheureusement affronter quelques ennemis en nombre devient vite problématique et parfois incompréhensible (sans pour autant être impossible), la faute à une caméra capricieuse notamment dans des environnements fermés. On notera surtout, la difficulté de savoir si une attaque va toucher ou non, du fait de la portée de notre épée, ce qui rend parfois le combat un peu frustrant; notamment quand une action qui utilise deux segments de notre jauge d’action rate parce que notre ennemi s’est déplacé juste avant de lancer la commande. Malgré ces écueils, les combats restent dynamiques et peuvent être abordés de manière différente en fonction du personnage joué, et ça on appréciera.

Un des éléments central de Final Fantasy 7 est l’utilisation de matérias (objets créés à partir de la Mako cristallisée qui donnent à son porteur la possibilité d’utiliser certaines capacités, magies ou autres compétences). Ce système de magie introduit dans cet opus est fort heureusement de retour pour notre plus grand plaisir ! Et l’on renouera également avec le système d’évolution de celles-ci, se faisant toujours par le gain de points d’expérience remporté pour chaque combat réalisé. Ainsi, sur la plupart des matérias basiques, telles : Feu, Glace, Foudre (pour ne citer que les plus connues) on retrouvera notre système de palier, déverrouillant successivement le niveau 2 puis le niveau 3, synonyme d’augmentation substantielle des dégâts causés aux ennemis.

Toutefois, nos héros n’ont pas une réserve de points de magie extrêmement élevée comme cela pouvait l’être dans le jeu original. Chaque utilisation d’une matéria doit être faite avec attention, sinon, vous risquez de démarrer un combat sans pouvoir lancer vos précieux sorts. Et l’on se doit de reconnaître que c’est une situation un peu frustrante mêlée au dynamisme des combats. En effet, comme cela est dit dans le paragraphe précédent, les combats sont intenses, et de nombreuses fois, les ennemis peuvent annuler votre incantation, car ils ont lancé leur sort quelques dixièmes de secondes avant vous, vous faisant perdre au passage non seulement le coup en segment d’action nécessaire pour lancer le sort, mais également le coût en point de magie ! Conséquence rageante, certains combats sont des puits sans fonds de consommation d’éther pour faire remonter notre réserve.

Remarque : Dans l’opus original, les matérias rouge (connues comme étant des matérias d’invocation) pouvaient être utilisées pendant n’importe quel combat. Ici, l’utilisation change, car l’invocation n’est autorisée que sur certains combats, et l’Esper invoqué combattra à vos côtés pendant quelques instants et ses capacités pourront être lancées directement par le personnage qui possède une barre d’action, en lieu et place de ses capacités propres. Cette nouveauté aura surtout pour but de nous faire prendre conscience de la puissance de l’invocation, via des cinématiques somptueuses de l’esprit que l’on choisira d’invoquer.

Graphismes

Déjà en 1997, l’opus original avait fait l’unanimité sur la beauté de ses graphismes et ses nouveautés en termes de rendus. Encore une fois, Square Enix a décidé de nous en mettre plein la vue avec cette nouvelle version ! Car, si définir la beauté d’un jeu sur ces graphismes est souvent très relatifs notamment à l’époque et au contexte dans lequel on le juge, il faut avouer que ce Final Fantasy 7 Remake est tout simplement sublime. L’animation des personnages est impeccable, les expressions faciales sont parfaites, il n’y a pas de désynchronisation labiale lorsque nos héros conversent entre eux. On ressent leurs émotions qui sont très bien retranscrites à l’écran, et l’on a vraiment l’impression de se retrouver dans le film Final Fantasy : Advent Children.

De même, la quasi-intégralité des cinématiques sont faites avec le moteur du jeu (ce qui, à mon sens renforce l’immersion du joueur), quel régal de voir un combat s’arrêter, pour laisser place à un ballet d’action impeccablement chorégraphié, le temps d’une scène, puis reprendre comme si de rien n’était, sans temps de chargement ! Assurément, un élément qui permet de ne pas couper le rythme, c’est très appréciable et cela renforce le lien avec le joueur qui se sent impliqué dans l’histoire.

Bande son

Dès l’installation du jeu terminé sur la console, on ne peut que rester en admiration devant le thème composé par Nobuo Uematsu. Dès les premières notes, on se remémore toutes les aventures épiques que nous avons découverts enfants, et ce sont tous nos souvenirs qui s’entremêlent au fur et à mesure que les sonorités s’enchaînent. Je ne résiste pas au plaisir de vous partager à nouveau le prélude, qui suffit à lui seul à faire surgir des émotions que le joueur croyait ne plus jamais ressentir sur ce jeu.

Passé nos premiers émois, que reste-t-il de la bande son ? Et bien, c’est un régal, tout simplement ! On retrouvera la plupart des thèmes de l’oeuvre originelle, mais remis au goût du jour avec une orchestration bien plus présente et majestueuse. Et l’on adorera retrouver toutes ces chansons au fur et à mesure de notre progression dans l’histoire. De plus, tout au long de l’aventure, nous aurons la possibilité de récupérer des disques pour agrémenter les différents Jukebox disséminés dans les différents bars et lieux symboliques, ces disques offrent encore une nouvelle vision des thèmes originaux via une relecture parfois jazzy, parfois électro de ceux-ci, on aimera ou non, chacun se fera sa propre opinion sur le sujet. Dans tous les cas, niveau sonorité et ambiance sonore, le pari est tenu !

Durée de vie

Comptez une trentaine d’heures pour réaliser l’intégralité de l’histoire principale ainsi que les quêtes annexes. Ce qui est une durée de vie très honorable compte tenu des standards actuels. Toutefois, étirer une histoire qui originellement faisait dans les 6-10 heures pour en faire un jeu de 30 heures, va forcément intégrer un certains nombres de quêtes de remplissage (notamment de type Fedex et de trash mob). Introduite par le biais de la réputation de mercenaire de Cloud (avouons-le sans spoil : la réputation ne sert absolument à rien dans le jeu, si ce n’est amener le prétexte des quêtes annexes).

Et c’est d’ailleurs, un des regrets que l’on peut avoir sur le jeu, l’histoire principale dans sa narration est totalement maîtrisée, ainsi que certaines quêtes annexes qui amènent de la profondeur à des personnages secondaires (mention spéciale à Jessie, qui devient plus qu’un faire-valoir de l’équipe de terroriste, mais également à Biggs & Wedge dont les personnalités sont très bien exploitées). Mais, il est dommage d’avoir voulu agrandir de manière si artificielle le plaisir pour réaliser des quêtes où l’on doit tuer 10 fois le même ennemis disséminé partout sur la carte. Passé cet écueil, l’ensemble propose une durée de vie plus que conséquente et l’on regrette déjà d’atteindre la fin du jeu aussi rapidement.

Valeurs

En dernier lieu de cette revue, il apparaît important d’évoquer les valeurs que véhicule le jeu au travers des différents sujets qu’il aborde. En effet, si l’est connu que le propos écologique est très important dans la saga Final Fantasy, il atteint son point d’orgue dans cet épisode. Très souvent porté par l’inépuisable Barret, l’écologie et l’épuisement des ressources vitales de la planète est très souvent mis en avant, faisant écho de la situation actuelle de notre propre terre. Ainsi, le joueur est amené à se poser les mêmes questions que le protagoniste principal et va ainsi essayer de comprendre les enjeux de la lutte dans laquelle il s’est engagé.

La saga Final Fantasy n’a pas attendu le contexte actuel pour mettre en avant certains personnages féminins forts. C’est ainsi, que l’on retrouve un duo de choc dans les caractères de Tifa et Aerith qui vont tenir la dragée haute aux protagonistes masculins. Pour autant, si le jeu ne se montre pas avares en scènes d’héroïsme féminin, on regrettera le traitement parfois caricatural qui leur est réservé dans certains passages, qui à mon sens, privent un peu les filles de leurs statut badass. Ceci étant voulu par le fait de montrer des femmes fortes, mais également sensibles, aimantes et paradoxalement douces, ce qui amènera parfois des situations où les jeunes femmes sont en détresse et attendent leur preux chevalier. Dommage, mais ces scènes restent anecdotiques pour la plupart, on pourra donc pardonner cet écart, tant le reste du récit montre des personnages féminins travaillés et loin d’être des simples faire-valoir.

A l’instar de son héros qui s’ouvre au fur et à mesure du jeu, sur les différents thèmes abordés, le joueur se remet en question dans l’aventure à laquelle il participe. Loin de vouloir rester un divertissement uniquement, Final fantasy 7 Remake pousse la réflexion sur des sujets d’actualités qui sont traités de manière intelligente (nous avons déjà parlé de l’écologie et du traitement de la femme dans les paragraphes précédents), mais pousse également son propos sur le courage, la confiance en soi et le poids des décisions que l’on prend. En effet, loin d’être un héros, on le devient au fur et à mesure, et cela se transcrit très intelligemment par un changement de la personnalité de Cloud tout au long du jeu.

Conclusion

Véritable madeleine de Proust de toute une génération de joueurs, Square Enix avait pris le pari de repenser une de ses oeuvre phare pour une refonte plus au goût du jour, quitte à décevoir la base de joueurs fans inconditionnels du premier jeu. Si l’on était en droit de s’inquiéter sur les nouveautés que ce Remake pouvait apporter, il faut avouer que le studio s’en est très bien tiré, sans tomber dans la simple mise à jour : c’est une nouvelle lecture qui s’offre au joueur.

Les anciens retrouveront bien vite leurs habitudes, s’émerveilleront sur certains passages retrouvés et prendront plaisir à redécouvrir l’ambiance de certains lieux. Novices comme anciens joueurs seront sous le charme de la direction artistique, de la bande son, de l’histoire qui nous est contée. Final Fantasy 7 Remake est une pure merveille, et c’est ce qui compte au final, loin de tomber dans le simple copié / collé, ou la simple retouche graphique, cette revisite amène son lot de nouveautés et de nouvelles intrigues qui feront frémir d’impatience les joueurs qui seront impatients de découvrir la suite des aventures dans le deuxième chapitre prévu pour un futur proche (ou pas).

Synthèse

Synthèse
94 100 0 1
Final Fantasy 7 Remake ne tombe pas dans le piège de la refonte facile. A l'instar d'un Resident Evil 2, l'histoire qui nous est comptée amène son lot de nouveautés et de surprises très bien venues pour notre plus grand plaisir. Un véritable régal pour les yeux et les oreilles, qui donnera également envie aux plus vieux de relancer le jeu dans sa version originale et de parcourir à nouveau les rues des bidonvilles de Midgar.
Final Fantasy 7 Remake ne tombe pas dans le piège de la refonte facile. A l'instar d'un Resident Evil 2, l'histoire qui nous est comptée amène son lot de nouveautés et de surprises très bien venues pour notre plus grand plaisir. Un véritable régal pour les yeux et les oreilles, qui donnera également envie aux plus vieux de relancer le jeu dans sa version originale et de parcourir à nouveau les rues des bidonvilles de Midgar.
94/100
Total Score
  • Histoire
    97/100 Parfait!
    Suffisamment remaniée pour offrir une nouvelle lecture inédite de l'épopée initiale, cette histoire nous transporte du début à la fin vers un final époustouflant qui amènera son lot de questions pour la suite.
  • Gameplay
    85/100 Fantastique!
    Dans la veine de ce que propose un FF XV, on retrouve de nouveaux contrôles plus adaptés, mais néanmoins un peu difficile à prendre en main. Petit bémol sur l'utilisation de certains compétences qui ne touchent pas, et la magie qui devient plus compliquée à utiliser.
  • Graphismes
    96/100 Parfait!
    Le jeu est somptueux, les graphismes rendent hommage à la vision que l'on a d'une épopée aussi fantastique. Les cinématiques avec le moteur du jeu rendent l'immersion encore plus importante, on se croirait de le film Final Fantasy : Advent Children.
  • Bande son
    99/100 Parfait!
    Clairement, la plus belle réussite de ce Remake, l'orchestration est à couper le souffle et c'est un véritable bonheur auditif! La musique composée par Nobuo Uematsu est juste, et ne souffre d'aucune fausse note. La redécouverte de certains thèmes nous ravi, et c'est ce qui compte.

On aime

  • Une revisite somptueuse et intelligente
  • Une bande son qui nous fait frémir
  • Un gameplay remanié

On aime moins

  • Une caméra capricieuse
  • Un système de combat à perfectionner
  • Quelques quêtes oubliables
Tags : JeuxVidéo
Geek Lifestyle

The author Geek Lifestyle

Leave a Response