Série

[Revue] Space force

Space Force, une série de Steve Carell & Greg Daniels

En 2018, Donald Trump annonçait à la surprise générale, la création d’une sixième branche armée des Etats-Unis avec la création de la fameuse “United States Space Force“. Deux ans plus tard, le monde a bien compris qu’il ne s’agissait pas d’un canulard, car oui, les Etats-Unis sont toujours en train de préparer et former une force de frappe militaire pour réaliser des opérations dans les étoiles. Et même si le département en question n’existe que depuis quelques mois à l’heure où nous écrivons ces lignes, la dernière série du créateur de The Office (Greg Daniels) en collaboration avec Steve Carell est déjà sur Netflix, pour le meilleur ou pour le pire ? C’est ce que l’on va découvrir dans notre article.

Mais avant de vous dévoiler nos impressions sur cette série, on se remet dans le bain avec la bande annonce :

Synopsis

Tout juste décoré de sa quatrième étoile, le général Naird se voit confier à son grand dam, les rênes de la toute nouvelle branche de l’armée américaine, la fraîchement nommée : Space Force. A la tête du projet, il va donc devoir en chapeauter les opérations et surtout, essayer de comprendre de quoi il retourne au sein de cette organisation dont personne ne veut et surtout ne comprend son intérêt!

Pour l’aider dans sa tâche, il sera secondé de plusieurs personnages tout aussi loufoques les uns que les autres qui ne partagent pas forcément son point de vue assez fermé de militaire dévoué à sa mission, et qui s’avéreront plus être des boulets que des véritables alliés pour mener à bien les projets qui leurs sont confiés. Mais c’est dans la difficulté que la véritable nature de l’Homme se révèle, et les rivalités voleront en éclat pour atteindre les objectifs qu’ils leur auront été fixés… Ou pas ?

Impressions

Aux premiers abords, et même si le casting cinq étoiles présage du contraire (rappelons tout de même Steve Carell, John Malkovich, et Ben Schwartz notamment), on pourrait penser à Space Force comme une série B un peu simplette comme on en a vu des centaines, qui surfe uniquement sur la vague de l’actualité pour instaurer une ambiance comique et satirique, mais il n’en est rien. Et s’il est vrai que la série se perd quelquefois dans des gags un peu lourds et invraisemblables sur un ou deux épisodes (mention très spéciale à celui totalement loufoque où le général Naird dirige un singe pour une mission dans l’espace), cela n’empêche en rien certaines fulgurances qui nous ferons bien rire.

Car, outre le scénario rocambolesque qui sert de base à la série, ce sont clairement les interactions entre les différents protagonistes qui portent le déroulé du récit. Steve Carell, livre ici, une très bonne prestation et prouve encore une fois, qu’il est un acteur ayant plus d’une corde à son arc (et ce, même si l’on reste dans le registre comique qui le caractérise). Car oui, il s’agit d’une série comique, et le personnage qu’il campe n’est pas une simple caricature du militaire borné qui obéit à tous les ordres qu’on lui donne. On s’attache à lui et on se prend d’empathie pour ce colonel qui n’arrive pas à conjuguer vie professionnelle et sentimentale. D’ailleurs, dans un souci de ne pas divulguer l’intrigue de la série, nous nous abstiendrons donc de parler justement de la vie personnelle du général et des relations avec sa femme notamment (interprétée ici par Lisa Kudrow, l’inoubliable Phoebe dans Friends), qui ajoute une intrigue supplémentaire mais totalement sous-exploitée au cours de cette 1e saison, et c’est une immense frustration, car on meurt d’envie d’en savoir plus sur le devenir de leur relation.

Comme nous l’avons abordé plus haut, bien que se définissant comme une comédie, Space Force n’en reste pas moins une satire envers la volonté colonialiste et guerrière des Etats-Unis, et surtout envers son président Donald Trump. Car, même s’il n’est jamais montré à l’écran, il reste très présent dans la série soit par un rappel quasi permanent des autres généraux (qui ne sont là que pour renforcer le côté m’as-tu-vu si propre au président des Etats-Unis), soit par une série de tweets tout aussi surréalistes les uns que les autres. Mais également, pour démontrer que quelles que soient les décisions prises, le général fait tout ce qu’il peut avec les moyens du bord et qu’il lui est très difficile, voire impossible, de pouvoir contenter un homme aussi lunatique que le président des Etats-Unis. C’est donc, dans ce sens, que va s’articuler une partie de l’intrigue de cette série, dans le but de montrer l’absurdité ou le fondement même des idées proposées, et surtout, les moyens (et surtout leur absence) qui sont mis en œuvre pour les réaliser.

Vous l’aurez compris, la série reposera donc sur les deux leviers que sont la comédie (et les blagues parfois grossières de toute série du genre) et la satire politique. C’est ainsi, que se dessinera la trame absolument identique de tous les épisodes : Introduction, Element perturbateur, Résolution, Morale. Même si la série essaie de mettre en place un fil rouge tout au long des épisodes pour tisser une histoire globale, on sent que chaque épisode a été pensé à la manière d’un sitcom. Pour ma part, je trouve ça un peu décevant, dans la mesure où l’on aurait préféré un peu plus de profondeur sur certaines scènes ou que certains enjeux soient mis en avant de manière plus efficace et ne soient pas balayés d’un revers de main dès l’épisode suivant.

Toutefois, au fur et à mesure que l’on évolue dans la série, on délaissera de plus en plus le gag facile pour porter un regard et un jugement plus politique et satirique sur les différents sujets traités, avec notamment les ouvertures vers des thèmes humanistes, moraux et sociaux portés ici par le personnage du Docteur Adrian Mallory (toujours impeccable John Malkovich). La série mettant très bien en avant cette relation entre les deux hommes que sont le général et le docteur, mais surtout, leurs divergences d’opinions sur l’ensemble des sujets qu’il leur est permis d’aborder. Leur relation ami / ennemi qu’entretiennent ces deux personnages est un des éléments fort de celle-ci, et surtout le duo Steve Carell & John Malkovich fonctionne à merveille. Et rien que pour pouvoir assister à nouveaux à leurs joutes verbales, on en redemande !

Conclusion

Vous l’aurez compris, cette 1e saison de Space Force souffle le chaud et le froid au fur et à mesure que l’on avance dans les épisodes. En effet, il s’agit d’une série très sympathique à regarder mais qui hélas, n’arrive pas à échapper aux différents clichés qu’elle véhicule. Certaines blagues sont maladroitement amenées et l’on devine rapidement leur fin prévisible, ou encore certains passages en dedans, tant de par leur construction que par le propos mis en avant.

Toutefois, l’ensemble est clairement sauvé par un casting aux petits oignons qui rend le tout suffisamment loufoque pour donner envie de découvrir la suite et surtout savoir de ce qu’il va advenir de nos astronautes en herbes. Mais également, comment va évoluer le mariage du général et sa vie de famille après tous les évènements de cette saison.

Synthèse

Synthèse
60 100 0 1
La série Space Force, permet de passer un bon moment. Malheureusement, pas exempte de défauts, elle propose une critique comique et satirique de cette nouvelle division de l'espace voulue par le président Donald Trump. Et même si, elle se perd dans certains travers comiques, les deux acteurs principaux livrent de bonnes prestations et donnent envie de découvrir la suite de cette épopée spatiale.
La série Space Force, permet de passer un bon moment. Malheureusement, pas exempte de défauts, elle propose une critique comique et satirique de cette nouvelle division de l'espace voulue par le président Donald Trump. Et même si, elle se perd dans certains travers comiques, les deux acteurs principaux livrent de bonnes prestations et donnent envie de découvrir la suite de cette épopée spatiale.
60/100
Total Score
  • Scénario
    55/100 Sympathique
    Une construction identique des épisodes qui amène un scénario qui n'est pas vraiment surprenant. Toutefois, certaines situations captent notre intérêt et l'on veut découvrir la suite.
  • Humour
    50/100 Neutre
    Parfois trop prévisible et un peu lourd, il s'étiole petit à petit pour laisser place à un propos plus mature et des thèmes plus adultes.
  • Les Acteurs
    75/100 Très Bien!
    Des acteurs excellents, le duo Carell / Malkovich est impeccable. Certains des seconds rôles ne sont pas en reste et viennent épauler les deux têtes d'affiche avec brio.

On Aime

  • Un duo d'acteurs principaux au top
  • Des seconds rôles convaincants
  • Une épopée spatiale bizaroïde

On Aime Pas

  • Une trame scénaristique convenue
  • Certaines blagues tombent à plat
  • Certaines intrigues sous-exploitées
Tags : Septième ArtSérie
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